Les actualités des réseaux sociaux (septembre 2026)

Entre nouvelles règles pour protéger les mineurs, évolutions des outils de création et changements dans la monétisation, les actualités des réseaux sociaux continuent de s’enchaîner. En septembre 2026, Meta met fin à un procès majeur aux États-Unis, tandis que la France voit sa loi sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans censurée. Instagram facilite le montage vidéo et YouTube fait évoluer plusieurs règles pour les créateurs. Découvrez les principales actualités social media à retenir ce mois-ci 👇🏼
Meta met fin à son procès sur l’addiction des adolescents
Depuis 2023, Meta faisait l’objet de poursuites engagées par une coalition bipartisane de procureurs généraux américains. Au cœur du dossier : la conception même de Facebook et Instagram. Le groupe était accusé d’avoir développé ses plateformes pour capter l’attention des adolescents, au détriment de leur santé mentale.
Les États reprochaient également à Meta d’avoir minimisé les effets potentiellement néfastes de ses plateformes et d’avoir permis à des enfants de moins de 13 ans de créer un compte.
Les poursuites reposaient sur deux fondements principaux :
👉🏼 Les lois de protection des consommateurs propres à chaque État ;
👉🏼 La COPPA (Children’s Online Privacy Protection Act), une loi adoptée en 1998 qui encadre strictement la collecte des données personnelles des enfants de moins de 13 ans aux États-Unis.
Les États réclamaient jusqu’à 200 milliards de dollars à Meta. Le procès avait débuté à Oakland, en Californie. Lors de sa deuxième semaine, Adam Mosseri, PDG d’Instagram, avait commencé à témoigner et Mark Zuckerberg devait également comparaître.
Mais le procès n’ira finalement pas à son terme. Meta et les procureurs généraux ont signé un protocole d’accord, sans reconnaissance de responsabilité de la part du groupe. Cette transaction permet notamment à Meta d’éviter la comparution de Mark Zuckerberg et la production de nouvelles pièces internes.
De nouvelles restrictions pour les utilisateurs de moins de 18 ans
L’accord prévoit une série de mesures appliquées par défaut aux comptes des moins de 18 ans dans les territoires signataires :
✔️ Facebook et Instagram seront limités à deux heures d’utilisation cumulée par jour. Cette limite pourra uniquement être désactivée avec l’accord d’un parent.
✔️ Un blocage nocturne s’appliquera de minuit à 6 heures. Les adolescents ne pourront plus accéder au fil d’actualité, aux Stories, à Explore ou aux Reels pendant cette période.
✔️ Les notifications seront suspendues de 8 heures à 15 heures pour couvrir les heures scolaires. Les messages privés et les alertes liées à la sécurité du compte resteront toutefois disponibles.
✔️ Des rappels apparaîtront toutes les 15 minutes d’utilisation continue, puis après 60 et 90 minutes d’utilisation cumulée dans la journée.
✔️ Le nombre de likes et de réactions sera masqué par défaut, aussi bien sur les publications de l’adolescent que sur celles des autres utilisateurs.
✔️ Les adolescents pourront choisir un fil non algorithmique et désactiver la lecture automatique. Les parents pourront rendre ces deux réglages obligatoires.
✔️ Les filtres de chirurgie esthétique resteront bloqués et cette restriction sera étendue aux filtres de maquillage extrême.
Les messages directs constituent toutefois une exception importante. Ils ne sont concernés ni par la limite quotidienne, ni par le blocage nocturne, ni par la suspension des notifications. L’objectif est de permettre aux adolescents de continuer à communiquer avec leurs proches. Le temps passé dans les messages sera néanmoins comptabilisé dans leur temps d’écran lorsque plusieurs comptes appartenant à une même personne sont détectés.
Meta devra aussi renforcer la vérification de l’âge
L’accord ne concerne pas uniquement le temps passé sur Facebook et Instagram. Meta s’engage également à mieux identifier l’âge réel de ses utilisateurs.
Le groupe devra renforcer la détection des comptes appartenant à des enfants de moins de 13 ans. Il devra aussi mieux repérer les adolescents de 13 à 17 ans qui indiquent une date de naissance correspondant à celle d’un adulte.
Meta intégrera également à son dispositif les signaux d’âge transmis par les systèmes d’exploitation et les magasins d’applications d’Apple et de Google. Cette mesure rejoint une position défendue depuis plusieurs années par le groupe : Meta souhaite que la vérification de l’âge repose davantage sur les stores que sur chaque application individuellement. L’entreprise a d’ailleurs annoncé qu’elle continuerait à défendre l’adoption d’une loi allant dans ce sens.
Pendant cinq ans, un auditeur indépendant contrôlera chaque année la conformité de Meta avec les engagements pris. Une fondation de recherche indépendante sera également créée. Elle pourra s’appuyer sur les données des utilisateurs ayant donné leur consentement.
Un accord de 18 milliards de dollars en partie conditionné à TikTok et YouTube
Meta prévoit de verser environ 18 milliards de dollars sur dix ans. Cette somme ne prendra pas la forme de dommages et intérêts versés directement aux familles. Elle sera attribuée aux États signataires, qui pourront notamment l’utiliser pour financer des programmes de sécurité en ligne destinés aux jeunes ou l’affecter à d’autres priorités.
La répartition du montant comporte toutefois une particularité importante :
👉🏼 70% de la somme, soit 12,7 milliards de dollars, reviendra aux États signataires.
👉🏼 Les 30% restants, soit 5,3 milliards, ne seront débloqués que sous certaines conditions.
TikTok et YouTube devront chacun accepter de mettre en place une limite quotidienne d’une heure, un blocage nocturne et des mesures de vérification de l’âge. Les deux plateformes devront également verser un montant équivalent. La moitié des 5,3 milliards restants dépend du versement de YouTube et l’autre moitié de celui de TikTok.
Si les deux plateformes acceptent ces conditions, les engagements de Meta seront eux aussi renforcés :
✔️ La limite quotidienne et le blocage nocturne s’appliqueront pendant dix ans (au lieu de cinq).
✔️ La durée maximale passera également à une heure par application.
✔️ Le blocage nocturne s’étendra de 22 heures à 7 heures.
“Ce cadre ne fonctionnera que si tous nos pairs nous rejoignent”, a déclaré C.J. Mahoney, directeur juridique de Meta.
Le contentieux américain autour de Meta n’est pas terminé
L’accord doit encore être validé par la juge fédérale chargée du dossier. Meta a par ailleurs comptabilisé environ 10 milliards de dollars de frais juridiques au troisième trimestre 2026, une charge qui ne figurait pas dans ses prévisions de juillet.
Surtout, cette transaction ne met pas fin à l’ensemble des procédures visant le groupe aux États-Unis. Meta reste visé par des milliers de plaintes déposées par des particuliers, des familles et des districts scolaires.
France : l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans censurée
Alors que les États-Unis renforcent l’encadrement des réseaux sociaux pour les adolescents, la France vient de voir son projet de majorité numérique stoppé par le Conseil constitutionnel. L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans devait pourtant entrer en vigueur dès cette rentrée 2026.
La loi avait été définitivement adoptée le 21 juillet dernier, par 279 voix contre 81. Elle devait faire de la France le premier pays européen à instaurer une majorité numérique, conformément à la promesse d’Emmanuel Macron.
Mais deux groupes de députés ont saisi le Conseil constitutionnel à la fin du mois de juillet. L’institution reconnaît que la protection de l’intérêt supérieur de l’enfant et de l’ordre public peut justifier certaines restrictions d’accès aux réseaux sociaux. Cependant, elle considère que le dispositif adopté allait trop loin.
Le Conseil constitutionnel a donc censuré l’article 1er de la loi, qui portait précisément l’interdiction pour les moins de 15 ans. Un risque de conformité avait déjà été signalé par le Conseil d’État en janvier 2026, notamment en raison de la définition très large des services concernés.
Une interdiction jugée disproportionnée
Le premier problème soulevé concerne la liberté d’expression et de communication. Le Conseil constitutionnel adresse notamment deux reproches au dispositif :
👉🏼 D’une part, son périmètre était trop large. La mesure était susceptible de “s’appliquer à des services de communication en ligne dont les risques pour la santé et la sécurité des mineurs ne sont pas établis”. Tous les services concernés auraient donc été soumis à la même interdiction, indépendamment des risques qu’ils présentent réellement.
👉🏼 D’autre part, l’interdiction était jugée trop indifférenciée. Elle ne prenait en compte ni “l’âge, de la situation familiale ni du degré de maturité” du mineur. Le texte ne précisait pas non plus dans quelles conditions les parents auraient pu lever l’interdiction ou en limiter la portée.
La vérification de l’âge pose aussi un problème de respect de la vie privée
Le deuxième motif de censure concerne le droit au respect de la vie privée. Pour empêcher les moins de 15 ans d’accéder à certains réseaux sociaux, les plateformes auraient nécessairement dû vérifier l’âge de tous leurs utilisateurs.
“La loi implique, par elle-même, que toute personne, même majeure, fasse la preuve de son âge avant d’y accéder”, souligne ainsi le Conseil constitutionnel.
Or, le texte ne définissait pas suffisamment les modalités de cette vérification ni les garanties destinées à protéger les données des internautes.
“Faute de déterminer les conditions et les limites dans lesquelles il devra ainsi en être justifié, le législateur n’a pas prévu les garanties légales de nature à assurer le respect de ces exigences constitutionnelles”, tranche la décision.
La censure ne remet donc pas en cause le principe même d’une meilleure protection des mineurs sur les réseaux sociaux. Elle sanctionne surtout le dispositif choisi pour y parvenir, considéré comme trop large et insuffisamment encadré.
Cette décision intervient seulement quelques semaines après l’adoption définitive de la loi. Nous revenions justement sur cette future interdiction et ses modalités dans notre article consacré aux actualités des réseaux sociaux d’août 2026 🔗
Instagram lance First Draft pour accélérer le montage des Reels
Instagram continue de développer ses outils de création et de montage vidéo directement dans son application. Après le lancement d’Edits en avril 2025, la plateforme introduit désormais First Draft (ou “Premier jet” en français). Cette nouvelle fonctionnalité permet de générer automatiquement un premier montage de Reel à partir de plusieurs clips bruts.
L’objectif est simple : obtenir une première version de sa vidéo, sans devoir nettoyer manuellement chaque séquence. Instagram souhaite ainsi permettre aux créateurs de passer moins de temps à supprimer les pauses, les silences ou les passages moins dynamiques pour se concentrer davantage sur la partie créative.
First Draft s’adresse aussi aux utilisateurs moins expérimentés, qui peuvent être freinés par la complexité d’un logiciel ou d’une application de montage complète.
Concrètement, il suffit de sélectionner plusieurs séquences vidéo. Instagram les assemble automatiquement en quelques secondes et coupe les pauses ainsi que les passages jugés moins dynamiques.
La fonctionnalité peut notamment être utilisée pour :
✔️ Des montages composés de plusieurs clips ;
✔️ Des vidéos face caméra ;
✔️ Des contenus “journée type”.
Le résultat reste entièrement modifiable. Le créateur peut réorganiser les séquences, en supprimer certaines, ajuster le montage proposé ou repartir de zéro s’il ne lui convient pas.
Cette nouveauté ne remplace pas pour autant Edits. Les deux outils répondent à des usages différents :
👉🏼 Edits est davantage pensé pour des montages aboutis et une édition approfondie, avec notamment une timeline détaillée, un fond vert, des animations générées par intelligence artificielle (IA) ou encore des fonctionnalités de gestion de projet vidéo.
👉🏼 Avec First Draft, Instagram privilégie au contraire un montage rapide directement depuis son application. La plateforme limite ainsi les allers-retours vers des applications tierces et cherche à conserver les créateurs au sein de son écosystème.
Pour le moment, First Draft est uniquement disponible sur iOS et directement dans l’application Instagram. Deux chemins permettent d’y accéder :
👉🏼 Depuis la galerie des Reels, sélectionnez un ou plusieurs clips, puis appuyez sur le bouton “Premier jet”. Vous pouvez ensuite vérifier le résultat, accéder à l’éditeur complet ou publier votre Reel.
👉🏼 Depuis la caméra Instagram, filmez votre contenu, puis appuyez sur “Premier jet”. Une fois le montage automatique généré, vous pouvez le vérifier avant de poursuivre dans l’éditeur complet ou de publier la vidéo.
YouTube fait évoluer sa monétisation, Premium Lite et le comptage des vues
YouTube a annoncé plusieurs changements importants pour les créateurs. La plateforme revoit notamment les conditions d’accès à son programme de monétisation, étend Premium Lite et modifie la manière dont les vues sont comptabilisées publiquement.
YouTube durcit les conditions d’accès à la monétisation
Dans un communiqué publié le 10 août dernier, YouTube a détaillé les premiers changements majeurs apportés à son Programme Partenaire YouTube (YPP). Ils concernent les seuils d’accès à la monétisation, la rémunération des Shorts et le partage des revenus issus des abonnements pour les nouveaux créateurs.
YouTube justifie notamment cette évolution par la croissance de la plateforme, “qui enregistre désormais plus de 200 milliards de vues de Shorts par jour et plus d’un milliard d’heures de visionnage à la télévision chaque jour”.
Dans le cadre du Programme Partenaire YouTube, la part des revenus reversée aux créateurs varie selon le format. Elle représente 55% pour les vidéos longues et 45% pour les Shorts, en fonction du temps de visionnage et du nombre de vues des contenus par les membres.
À partir du 1er février 2027, les nouveaux créateurs devront remplir des conditions plus exigeantes pour accéder au YPP et percevoir des revenus issus de la publicité et des abonnements :
✔️ Atteindre au minimum 1 000 abonnés ;
✔️ Cumuler 8 000 heures de visionnage au cours des 365 derniers jours (contre 4 000 heures auparavant) ;
✔️ Atteindre 20 millions de vues sur les Shorts au cours des 90 derniers jours, contre 10 millions auparavant.
Ces nouveaux seuils concerneront uniquement les nouveaux créateurs. Les chaînes déjà membres du Programme Partenaire YouTube ne devront donc pas remplir à nouveau ces conditions pour y rester.
Une nouvelle règle concernera néanmoins tous les créateurs qui monétisent leurs Shorts. À compter du 1er février 2027, ils devront atteindre 10 millions de vues qualifiées sur leurs Shorts sur une période de 90 jours pour continuer à bénéficier du partage des revenus publicitaires et des abonnements sur ce format.
Une chaîne qui passe sous ce seuil ne sera pas exclue du YPP. Elle pourra toujours générer des revenus grâce à ses vidéos longues, mais le partage des revenus liés aux Shorts sera suspendu. Il reprendra automatiquement dès que la chaîne dépassera à nouveau le seuil des 10 millions de vues qualifiées sur 90 jours.
YouTube étend Premium Lite à tous les pays où YouTube Premium est disponible
YouTube poursuit également le déploiement de son offre Premium Lite. Cet abonnement permet d’accéder à la majorité des contenus sans publicité, avec le téléchargement hors ligne et la lecture en arrière-plan. La plateforme annonce son extension à l’ensemble des pays dans lesquels YouTube Premium est proposé.
Cette évolution peut également avoir un impact sur les revenus des créateurs.
“Les créateurs peuvent s’attendre à des revenus plus élevés : lorsqu’un utilisateur s’abonne à Premium, les partenaires gagnent en moyenne plus que lorsque l’utilisateur regardait des publicités”, indique YouTube.
La France dispose toutefois déjà de Premium Lite. Les créateurs français ne devraient donc pas bénéficier d’une hausse des abonnements directement liée à cette nouvelle extension géographique.
YouTube change sa méthode de comptabilisation des vues
Dernière évolution importante : YouTube modifie la manière dont les vues sont comptabilisées sur l’ensemble de ses formats vidéo.
Jusqu’à présent, YouTube ne détaillait pas précisément sa méthode de calcul pour les vidéos longues et les lives. Il était néanmoins admis qu’une vue nécessitait au moins 30 secondes de visionnage. Les Shorts fonctionnaient différemment puisqu’une vue était déjà comptabilisée dès leur affichage à l’écran.
Dans un billet publié sur son forum d’aide le 17 août dernier, YouTube a annoncé vouloir harmoniser cette méthode de calcul entre les différents formats. La plateforme répond ainsi à une demande des créateurs qui, selon elle, “veulent éliminer cette confusion des métriques et cerner leur exposition réelle”.
Depuis la mise à jour du 24 août, une vue est donc comptabilisée dès qu’une vidéo commence à être lue, quel que soit son format. Aucune durée minimale de visionnage n’est désormais nécessaire pour faire augmenter le compteur public.
L’ancien indicateur ne disparaît pas pour autant. Il est renommé “Vues engagées” (Engaged views) et reste accessible dans le mode avancé de YouTube Analytics. Les créateurs peuvent ainsi continuer à mesurer le nombre de spectateurs qui poursuivent réellement le visionnage de leurs contenus.
Cette évolution n’a pas d’impact sur la monétisation. Les revenus et l’éligibilité au YPP continuent de reposer sur les vues engagées et les heures de visionnage, et non sur le nouveau compteur public des vues.
YouTube distingue donc plus clairement l’exposition brute d’une vidéo de l’engagement réel qu’elle génère. Cette évolution intervient quelques jours après l’annonce du durcissement des règles de monétisation et environ un an après l’application d’une logique similaire aux Shorts.
Les actualités des réseaux sociaux de ce mois-ci montrent une nouvelle fois à quel point les plateformes évoluent rapidement. Pour les utilisateurs comme pour les marques et les créateurs, suivre ces changements devient essentiel pour anticiper leurs impacts et adapter ses pratiques. Rendez-vous le mois prochain pour faire le point sur les prochaines nouveautés social media ❤️




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